Editions Le monde à l'envers
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Nicolas Bonanni
L'amour à trois
Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist

ISBN 979-10-91772-17-4
Novembre 2016
10x14cm, 72 pages, 3 euros

Dans le combat politique, la bataille des idées joue un rôle déterminant. Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist l'ont bien compris. Ils dispensent dans les médias leurs thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes. Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national.
Ce petit ouvrage propose une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l'autre droite qui ont fait de la « guerre culturelle » leur stratégie principale.


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A lire
Nicolas Bonanni a été interviewé en novembre 2016 par le site internet Haro!. Cette interview est à lire ci-dessous.

Suite à la manifestation antifasciste de la semaine dernière, et pour poursuivre le débat ouvert avec "Sale Race ?", Haro vous propose un petit détour du côté de l’extrême-droite.
Vous connaissez Alain Soral et Eric Zemmour. Mais les avez-vous lu ? Et savez-vous qui est Alain de Benoist ? Non ? Ce n’est pas grave. Oui ? Cet article est fait pour vous. Parce qu’un petit livre vient de paraître aux éditions Le monde à l’envers intitulé L’amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist. Son auteur, Nicolas Bonanni, lui, a lu ces trois penseurs de l’extrême-droite - ce qui nous arrange bien parce qu’on préfère lire des choses plus intéressantes. Il propose une lecture critique des thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes de ces intellectuels de "l’autre droite". Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national. Nous lui avons posé quelques questions.

Tu as publié récemment L’amour à trois aux éditions Le monde à l’envers. De quoi s’agit-il ?
Je viens en effet de publier une tentative de décryptage de la pensée de trois intellectuels d’extrême-droite : Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist.
Il faut d’abord revenir sur l’arrière plan de leur succès. Depuis une quarantaine d’années, nous sommes dans une période de crises et de bouleversements, où l’histoire s’accélère. Parmi les phénomènes majeurs, la financiarisation, la robotisation et la crise environnementale créent des tensions sociales qui déstabilisent les systèmes établis... et la vie des individus. Confrontés à un système en crise, à un marché du travail de plus en plus dur et de plus en plus précaire, à l’érosion du lien social et des solidarités traditionnelles, les gens cherchent des échappatoires (télévision, médicaments), ou des réponses politiques.
C’est sur cette toile de fond que ces trois idéologues modernisent le discours traditionnel de l’extrême-droite. Alain Soral agite principalement internet, avec des vidéos très regardées. Eric Zemmour a une forte audience à la télévision, et il a vendu 400 000 exemplaires de son livre Le suicide français. Alain de Benoist, lui, s’occupe de publier des ouvrages érudits et des revues confidentielles, ce qui explique qu’il est moins connu que les deux autres. Leur point commun, c’est de donner une réponse « de droite » à la crise sociale : un repli sur les identités, la mythification d’un passé ou tout était « en ordre ». Il faut selon moi prendre acte que la modernité a dérivé vers un techno-capitalisme destructeur. Mais face à cet état de fait, ils proposent un retour aux aliénations pré-modernes, à la morale religieuse. Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent un discours, des analyses critiques, dans un vide politique généralisé.

Dans ton livre tu montres que Soral, Zemmour et De Benoist expriment dans leurs écrits un mépris terrifiant pour les femmes à qui ils prêtent « une mentalité directement issue de leur anatomie ». Parce qu’elles sont nées femmes, elles sont, selon eux, naturellement « sans vision sociale, sans projet politique ». Tu peux nous en dire plus ?
Le sexisme de ces individus est en effet sidérant. Mais leur argumentation est finalement assez limitée : les hommes sont des hommes parce qu’ils sont nés comme ça, les femmes sont des femmes parce qu’elles sont nées comme ça. Pour eux, les hommes seraient naturellement tournés vers la conquête parce qu’ils ont des organes génitaux extérieurs, et les femmes seraient naturellement sans vision politique parce qu’elles ont des organes génitaux intérieurs.
Remettons les choses en contexte. Cela fait plusieurs dizaines d’années que des recherches ont mis en avant l’importance de penser, en parallèle de l’approche biologique (le sexe), la construction sociale des identités féminine et masculine (le genre). Les deux éléments ne correspondent pas nécessairement : tout le monde connaît des femmes « masculines » et des hommes « féminins ». C’est que ces identités de genre n’ont qu’un rapport léger avec l’appartenance sexuée. Il nous manque d’ailleurs des mots pour mieux penser cette disjonction : il faudrait des adjectifs qui renvoient à mâle et femelle (les aspects sexués) et d’autres qui renvoient à homme et femme (les aspects genrés) – alors qu’on emploie les termes de masculin et féminin pour les deux, ce qui entretient la confusion.
Toutes ces recherches sur le genre sont ignorées, ou moquées, ou caricaturées, ou combattues, par les trois idéologues que j’ai étudié, qui réassignent systématiquement les individus à leur sexe. Genre = sexe, sexe = genre, et l’ordre traditionnel sera préservé.

Par opposition, tu expliques que leur argumentaire visant à justifier les inégalités entre les « races » est plus subtil.
Sur le terrain du racisme, ils procèdent aux mêmes assignations que pour le sexisme, mais « à l’envers », ce qui leur donne un vernis de respectabilité : ils ne parlent jamais de « races », mais toujours de cultures, de civilisations ou de religions. Peu importe, au fond, puisque pour eux race = civilisation et civilisation = race. Pour eux, les individus appartiennent quasi-mécaniquement à des blocs culturels, homogènes et statiques, attachés à des territoires – une sorte de « race sociale ». Pour eux, la Culture est une seconde nature, à laquelle on ne peut échapper. Ce qui est faux, évidemment, mais qui a l’attrait des simplifications.
Ensuite, ils ne développent jamais un argumentaire en termes « d’inégalité ». Ils se contentent d’un différentialisme radical. Entre leurs « blocs culturels », les différences sont tellement importantes qu’elles prennent le pas sur le commun. Pour eux, les individus appartiennent à leur culture avant d’appartenir à l’espèce humaine. C’est un argumentaire assez malin, puisqu’une fois admis que les individus ne partagent pas une nature commune, il devient finalement impossible de penser l’égalité : on ne peut être égaux que si l’on se reconnaît une appartenance commune – appartenance que le différentialisme se charge de dissoudre.

Si je ne me trompe pas, ce « racisme culturel » a imprégné petit à petit toute la droite. Tu montres que le Front national a récupéré cet argumentaire. Mais n’est-ce pas aussi le cas d’une bonne partie de la droite libérale ? Il n’y a qu’à voir les derniers discours de Sarkozy. Le problème, ce ne sont plus les arabes, mais les musulmans – et on comprend bien qu’au fond il assimile les uns aux autres.
La question des discriminations subies par les maghrébins en France est intéressante. Il est clair que derrière la polarisation du débat public sur les questions de religion, de laïcité (et particulier sur la question de l’Islam) il y a tout le passif non réglé des politiques coloniales et néo-coloniales de la France.
Le débat public français vole assez bas : il n’y a qu’à voir les polémiques ridicules autour du burkini l’été dernier. Les amalgames répétés entre Daech et l’Islam, entre musulmans et arabes, entre immigration et « insécurité » ne font que créer de la confusion, et on sent que le travail de « lepénisation des esprits » dénoncé dans les années 1990 a porté ses fruits. Aujourd’hui, une bonne partie de la classe politique – et des Français – pratiquent ces amalgames. Ce qui ne revient pas à dire que tous les Français sont racistes, mais ces discours produisent des effets. C’est en partie pour cela que de nombreux arabes français se rapprochent de la religion musulmane, même s’ils en étaient éloignés à l’origine. Tant qu’à être assigné à une identité discriminée, autant l’assumer et retourner le stigmate ! [1]
Le discours différentialiste est performatif. En prétendant que les identités culturelles sont homogènes et statiques, que culture = civilisation = religion, que tous les arabes sont musulmans, et en opposant des blocs culturels les uns aux autres, il participe à créer sa propre réalité.

D’ailleurs, est-ce qu’il s’agit d’une vraie mutation idéologique ou est-ce juste une stratégie de façade pour s’adapter à l’antiracisme et au fait qu’il est plus difficile de dire aujourd’hui (et heureusement ) « dehors les arabes » ?
Pour moi, le virage « culturaliste » des questions « raciales » n’est pas une stratégie de façade, mais une vraie modernisation. Alain de Benoist et tout le courant de la Nouvelle droite ont bataillé ferme pour imposer ces nouvelles idées à l’extrême-droite, ce qui leur a valu des inimités durables.
Cette évolution « culturelle » n’est pas propre à quelques idéologues d’extrême-droite. Dans les années 1970, toutes les formations politiques avec un minimum de réflexion ont intégré dans leur pensée des analyses tirées des sciences sociales. Et ont donc mis en avant des déterminismes culturels là où l’on ne voyait auparavant que des déterminismes naturels. La catégorie « race » est aujourd’hui bannie du discours public au profit des mots « religion » ou « culture », tout comme la catégorie « sexe » est systématiquement remplacée par le mot « genre ». Trop souvent, on ne fait que remplacer un mot par l’autre, sans rien changer à l’analyse. Remplacer un déterminisme par un autre n’a jamais fait avancer les idées – cela permet tout au plus de moderniser les structures oppressives.

Ce qui est plus surprenant, ce sont certaines similitudes entre le discours de Soral ou de de Benoist et le discours d’une partie de la gauche influencée par les post-colonial studies, et proche en France d’un parti comme le PIR [Note post-interview : on pense ici à la remise en cause de l’universalisme, la prépondérance d’une sorte de déterminisme culturel, la mise en avant d’identités culturelles ou religieuses... ] Y a t-il similitude entre ces deux discours ? Qu’est-ce qui les différencie ?
La critique de l’universalisme est un thème en vogue. Les mouvements anti-racistes et féministes contestent depuis longtemps – à raison – à l’Occident sa tendance à se croire le centre du monde, et à se confondre avec l’Universel (au nom duquel il doit donc apporter au reste du monde la démocratie, ses droits de l’homme et ses droits des femmes, éventuellement les armes à la main). Cette critique de l’universalisme républicain est pertinente, car tous ces beaux discours ont servi à enrober le colonialisme et une réaction d’autodéfense intellectuelle est évidemment salutaire. Mais elle débouche parfois sur des discours qui prétendent que l’universalisme est nécessairement un faux nez de la domination occidentale ou de la domination masculine. Je crois que si on pousse la logique au bout, si on refuse toute idée d’universalité des conditions ou des valeurs, alors on se prive de toute possibilité de penser l’idée même d’égalité – qui est pourtant le but affiché et explicite des mouvements anti-racistes et féministes. On ne peut être égaux qu’avec des individus avec lesquels on se reconnaît une nature commune : penser l’égalité entre une pomme et une chaise n’a pas de sens, entre deux pommes cela en a un. C’est en cela que l’idée d’humanité commune est précieuse.
C’est cette idée de nature humaine que les idéologues d’extrême-droite ont décidé de détruire, en insistant sur les différences et les particularités. En arrimant chacun à son « identité » (réelle ou fantasmée), qui est censée être plus réelle, plus fondamentale que l’humanité. C’est une de leurs obsessions : découper l’humanité en blocs étanches. Les hommes et les femmes, les européens et les africains... D’ailleurs, quand les arguments culturalistes ne suffisent plus, ils se rabattent sur les vieux arguments « scientifiques ». Voir par exemple le numéro 159 de la revue Eléments qui se fait l’écho de théories scientifiques en faveur d’une origine multirégionale de l’humanité (postulant « l’existence de foyers d’homnisation indépendants, mais non totalement séparés »). En un mot : l’espèce humaine n’en est pas une, mais une collection de différentes espèces hybridables – et remise en cause du « dogme de l’unité du genre humain ». Chassez le racisme biologique, il revient par la fenêtre.
Je pense que l’universalisme, l’idée que les êtres humains partagent une condition commune, c’est l’appui nécessaire pour toute politique qui se veut émancipatrice et égalitaire. À condition de ne pas oublier leur extrême diversité, et sans confondre l’universalisme avec le fait de tout mesurer à l’étalon monétaire.
Je défends simplement l’idée que ce qui réunit les êtres humains, au delà de leurs différences biologiques ou culturelles, est plus fort que ce qui les différencie, mais que ces singularités existent. Pour penser l’égalité, il faut se savoir doté d’une même nature. Penser cette nature commune ne doit pas nous faire croire que nous sommes tous identiques.

Tu disais : « Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent quelque chose, dans un vide politique généralisé ». À quoi penses-tu concrètement ? De qui leur succès est-il l’échec ?
Au début des années 1970, une partie non-négligeable de la population mondiale, au Nord comme au Sud, avait de bonnes raisons de mettre ses espoirs dans une révolution qui aurait abattu le capitalisme et rebattu les cartes sociales. Dans les années qui ont suivi, ces espoirs se sont effondrés. Le Capital a repris l’initiative : répression militaire et policière des mouvements révolutionnaires (en Amérique du sud, en Afrique, en Europe, au Japon, aux Etats-Unis....) précarisation du marché du travail, mécanisation, informatisation, financiarisation. Aujourd’hui, on peut dire que ceux qui portent des rêves de justice sociale sont dans le brouillard. Quand on prétend porter ensemble égalité et liberté, et non les opposer, on est un peu démuni : que proposer ? La dépolitisation des rapports sociaux est à son maximum. On baigne dans un individualisme généralisé, alors que les causes de notre exploitation, de notre aliénation et d’un grand nombre de nos problèmes sont avant tout sociales.
La majorité de la population ne croit plus à des possibilités de changement radical de société. C’est le sens du vote PS ou LR. Aucune ambition, aucune idée, aucun programme, aucune différence entre les programmes, c’est cela le vide politique. Ça ne veut pas dire que tout le monde est satisfait de la situation, loin de là, mais tout ce qui peut s’exprimer l’est en négatif. C’est à mon avis le sens d’une partie du vote Front national par exemple – comme le raconte Didier Eribon dans son livre Retour à Reims. Un rejet des élites, du « système », mais qui s’exprime dans le cadre de ce système et sur des thèmes qui ne peuvent permettre aucune émancipation.
Reste un tout petit espace pour celles et ceux qui cherchent à conjuguer liberté et égalité, émancipation collective et émancipation individuelle. Évidemment, cet espace ne se trouve pas dans les urnes. Objecteurs de croissance, presse libre, « cortège de tête », Amaps, contestation anti-Linky, lutte contre l’Etat d’Urgence, Zads, syndicats autogestionnaires... il se passe beaucoup de choses mais l’audience de ces mouvements est mince. Le succès de l’extrême-droite, c’est à mon avis l’échec de cette gauche à porter des propos et des pratiques cohérentes qui rencontrent les préoccupations des gens « d’en bas ». Et puis, il faut bien dire que les discours simplistes fonctionnent toujours mieux que ceux qui essayent de saisir le réel dans toute sa diversité. Il est plus facile de dénoncer quelques boucs émissaires, de jouer sur la peur ou d’en appeler à une « identité » prétendument menacée que de porter une critique véritablement sociale.

Dans L’amour à trois, tu expliques que la critique du capitalisme par Zemmour, Soral et de Benoist n’est que théorie, ou mauvaise foi. Est-ce que ces idéologues ont modifié les rapports triangulaires entre économie, valeurs de gauche et valeurs de droite ?
Le capitalisme a brisé mille liens qui liaient les hommes les uns aux autres, et à leur environnement, pour les remplacer par des liens monétaires. Ce qu’on attendait hier de la solidarité familiale, amicale ou de voisinage, on l’attend de plus en plus des services marchands – éventuellement des services publics. Converties aux valeurs du capitalisme, assimilant libéralisme et liberté, la sociale démocratie comme la droite libérale ont pour unique programme de demander au capitalisme de tenir ses promesses et d’achever de briser tous les liens.
La droite anti-libérale, celle du trio, porte un discours critique du capitalisme, ou du moins de certaines de ses facettes. Mais c’est avant tout un discours moral, éthique et romantique, une critique des « valeurs » du capitalisme qui déracine le hommes. Ils proposent essentiellement d’en revenir au stade « d’avant », ou à ce qu’ils nous présentent comme le stade d’avant – avec toutes les mythifications nécessaires. Avant le capitalisme, avant la modernité, quand les hommes étaient enracinés, pris dans des structures sociales organiques hiérarchiques stables. Hélas (ou heureusement), comme on ne revient jamais en arrière, je pense que la seule conséquence de leur activisme peut être d’ajouter l’aliénation nationaliste ou religieuse à l’aliénation capitaliste ; les tensions identitaires, racistes et sexistes à l’exploitation capitaliste. Ils n’ont rien modifié, seulement mis au goût du jour la critique de droite du capitalisme, qui existe depuis un siècle et demi et qui était traditionnellement portée par les aristocrates et l’Eglise.
En dehors de la droite anti-libérale, de la droite libérale et de la gauche libérale, il reste un espace pour une gauche révolutionnaire, qui couplerait critique sociale et critique culturelle, critique de l’exploitation et de l’aliénation [2]. Une critique du capitalisme qui renoue avec les expériences des anarchistes espagnols, des situationnistes, des briseurs de machines du XIXème siècle. À mon avis, cela implique de sortir du techno-progressisme obligatoire (« on n’arrête pas le progrès »), de s’intéresser aux expériences concrètes et marginales (les squats, la simplicité volontaire...) ainsi qu’aux expériences pré-capitalistes ou non-européennes au lieu de réclamer systématiquement plus d’Etat contre le capitalisme. Cela implique également de porter clairement une pensée libertaire qui ne soit pas libérale. Et de sortir des ghettos militants, et d’appuyer tout effort politique sur les préoccupations populaires (trop souvent caricaturées en « trucs de beaufs »).

[1] Houria Bouteldja dans Nouvelles questions féministes, février 2006.
[2] A ce sujet, lire l’article de Mathieu Amiech, « L’indispensable alliage » dans la revue L’inventaire n°3 (hiver 2015).

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